L’envie de partage et la curiosité sont à l’origine de ce blog. Garder les yeux ouverts sur l’actualité littéraire sans courir en permanence après les nouveautés. S’autoriser les chemins de traverse et les pas de côté, parler surtout de livres, donc, mais ne pas s’interdire d’autres horizons. Bref, se jeter à l’eau ou se remettre en selle et voir ce qui advient. Aire(s) Libre(s), ça commence ici.
Erika Sattler, Hervé Bel (Stock) – Aurélie
Erika Sattler, Hervé Bel (Stock) – Aurélie

Erika Sattler, Hervé Bel (Stock) – Aurélie

On rencontre Erika en janvier 45. Il est temps de fuir avec les autres civils cette usine en Pologne où elle sert le Reich avec ferveur. Les Russes arrivent et ne feront pas de quartier.

Quelques jours de pur cauchemar l’attendent mais rien ne peut altérer sa conviction profonde qu’Hitler et l’idéologie nazie oeuvrent pour le bien des bons Allemands, la cause est juste et l’a toujours été, ce petit revers sera vite balayé. Sa froideur est voilée par une grande beauté qui sera un atout majeur dans son périple qui doit la conduire à Berlin. Tout s’écroule autour d’elle mais elle ne remet en cause ni les massacres perpétrés par les Nazis (il le fallait), ni les décisions qu’elle a pu prendre et qui ont voué son mariage à l’échec.

En filigrane, on suit Paul dans sa propre fuite. Il est le mari d’Erika mais s’il est devenu SS c’est uniquement pour la séduire. Il n’a pas pu supporter longtemps les exactions qu’on lui demandait de diriger, vous découvrirez vite au fil des pages ce qui aura fini par éloigner définitivement le mari et la femme.

Une grande partie du roman se déroule sur quelques jours où la faim, le froid, les bombardements, les visions d’horreur mettent à rude épreuve des Allemands qui occupaient jusque-là un territoire qu’on avait désigné comme le leur de plein droit. Erika, lumière blafarde au milieu du chaos, nous transperce de son regard de pierre, tient tout son monde en respect en brandissant son insigne du parti et sa certitude de détenir la seule vérité. J’ai été très impressionnée par la justesse du personnage qui est soulignée par l’auteur grâce à l’équilibre parfait qu’il instaure avec une galerie d’hommes et de femmes qui l’entourent sans jamais réellement réussir à la toucher de près.

On a très envie de la détester mais pour moi la pitié a finalement dominé. Vous me direz ce que ce grand personnage vous a inspiré ?

Aurélie.

Erika Sattler, Hervé Bel, éditions Stock, 337 p. , 20€90.

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