L’envie de partage et la curiosité sont à l’origine de ce blog. Garder les yeux ouverts sur l’actualité littéraire sans courir en permanence après les nouveautés. S’autoriser les chemins de traverse et les pas de côté, parler surtout de livres, donc, mais ne pas s’interdire d’autres horizons. Bref, se jeter à l’eau ou se remettre en selle et voir ce qui advient. Aire(s) Libre(s), ça commence ici.
Les Falaises, Virginie DeChamplain (La Peuplade) – Aurélie et Fanny
Les Falaises, Virginie DeChamplain (La Peuplade) – Aurélie et Fanny

Les Falaises, Virginie DeChamplain (La Peuplade) – Aurélie et Fanny

Un deuil difficile, des carnets retrouvés, une maison inhospitalière qui s’impose pourtant comme le seul vrai refuge.

Et puis surtout les femmes. Il ne s’agit véritablement que de femmes dans ce 1er roman. Que d’elles mais de façon incomplète : trop de trous dans leurs origines, trop de fuites vers l’inconnu, trop de dérives.

Poésie, vague à l’âme, profonde réflexion, renouveau. Tout un parcours littéraire à suivre avec V. dans une quasi solitude propice à l’introspection entre le Québec et l’Islande.

Personnellement, j’en ressors toute légère et comme marquée d’une solennité forte. Les mots de Virginie DeChamplain s’enroulent autour de nous, s’insinuent dans chaque pore et nous transforment grâce à ce petit truc en plus que possèdent les écrivains québécois : une liberté de style et de construction qui sublime le message qu’ils transmettent dans leurs pages.

La Peuplade, maison d’édition qui traverse l’Atlantique pour nous ouvrir de nouveaux horizons de lecture !

Aurélie.

Il y a le « je » de celle qui a perdu sa mère et part rejoindre le bout du « boutte ».
Il y a la mère déracinée qui s’échoue un jour sur le rivage du Saint-Laurent.
Il y a le « je » de cette grand-mère projetée d’Islande en Gaspésie, d’une terre glacée à une terre de taiseux.
Voici les racines d’un roman sublime.

J’ai été happée par son phrasé à la fois cru et poétique, son atmosphère maritime, sa sensualité éperdue.
« J’ai une falaise au bord des lèvres », comment mieux exprimer « ça » : la perte d’une mère, amer remarquable malgré tout.
Virginie DeChamplain nous embarque sur ce village flottant qui a recueilli et recueille les écueils de ces femmes venant d’un terreau commun, puis fantasmé, ces sirènes qui se cherchent en silence ou se perdent dans leurs absences.

Notre narratrice tambourine à la porte d’un passé pas simple, plein de peine, de regrets, de colère, de fuites, de désir et d’amour.

« Valeureuse descendante de ces femmes-fleuves, j’ai des souvenirs qui m’appartiennent pas. »
J’ai vibré au son de cette plume québécoise qui donne des images aux émotions vives. Les falaises est un roman qui mêle le féminin aux territoires nus, qui conjugue souvenirs individuels avec mémoire familiale, et mêle sa langue à celle de la résilience. C’est une odyssée intime et bouleversante entre sœurs, filles, femmes, amantes.

« -« ça va revenir, inquiète-toi pas. Vivre c’est comme le vélo, ça revient toujours. » Je lâche un rire au travers de mon visage mouillé. Elle me sourit, dépose sa tête de nuage sur mon épaule. »
De Champlain te creuse des pistes, abolit les genres, te parle de deuil et de désir, t’emmène dans un voyage qui te prend au cœur et aux tripes, pour ne plus te lâcher jusqu’à la dernière page, au sein de sa « galaxie de femmes ».

Un éblouissement, un attachement certain. Coup au ❤️.

Fanny.

Les falaises, Virginie DeChamplain, La Peuplade, p., 18€

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