L’envie de partage et la curiosité sont à l’origine de ce blog. Garder les yeux ouverts sur l’actualité littéraire sans courir en permanence après les nouveautés. S’autoriser les chemins de traverse et les pas de côté, parler surtout de livres, donc, mais ne pas s’interdire d’autres horizons. Bref, se jeter à l’eau ou se remettre en selle et voir ce qui advient. Aire(s) Libre(s), ça commence ici.
Un samedi en BD – Jazzman, Jop (Albin Michel) – Yann
Un samedi en BD – Jazzman, Jop (Albin Michel) – Yann

Un samedi en BD – Jazzman, Jop (Albin Michel) – Yann

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Image trouvée sur le blog de l’auteur, lien en fin de chronique.

Après Antigone publié en 2018 aux éditions Goater, Jazzman est le deuxième album écrit et dessiné par Jop, jeune auteur installé à Rennes. Mais que l’on ne s’y trompe pas, il en impose assez rapidement avec ce récit au long cours qui louvoie habilement entre conte moderne et hommage à une glorieuse époque sur le point de s’éteindre.

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Jop.

New Story City, une ville dont le maire, le jeune et ambitieux Tony Scrump, a décidé d’éradiquer les vieux quartiers afin de créer une cité nouvelle, entièrement tournée vers l’avenir. S’appuyant sur les ondes d’une radio, « One FM », il met en oeuvre son programme sans se préoccuper le moins du monde de celles et ceux qui se refusent à le suivre dans ses délires mégalomaniaques.

Le maire Tony Scrump a hypnotisé sa ville. Mais un trio insolite formé par un barman amnésique, un saxophoniste dépressif et une jeune prodige de l’électronique compte bien réveiller la population. (4ème de couverture).

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Jop.

On l’aura compris, à travers le combat de ces nouveaux Pieds-Nickelés, c’est surtout d’un hommage au jazz et aux lieux qui le font vivre qu’il s’agit ici, bars obscurs et enfumés et personnages plus grands que la vie. Jop se fait plaisir en convoquant les figures de géants tels que Screamin’ Jay Hawkins, Moondog ou Nina Simone et les reconnaître au détour d’une page contribue grandement à faire de cet album une réussite pleine de musique et de fantaisie.

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Jop.

Appuyé par un tempo enlevé et un scénario gentiment foutraque, le dessin de Jop est mis en valeur par le choix de la bichromie et lui permet de livrer des cases dont le graphisme force le respect. De plus, un auteur qui cite Screamin’ Jay, Moondog ou Lady Nina Simone ne peut être foncièrement mauvais. Il conviendra donc de réserver à cet album l’accueil qu’il mérite et d’en savourer les 160 pages, excellent antidote à l’humeur morose distillée quotidiennement par l’actualité.

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Jop.

La plupart des illustrations de cette chronique ont été piochées sur le blog de l’auteur que je vous invite à consulter ici.

Yann.

Jazzman, Jop, Albin Michel, 160 p. , 23€90.

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