L’envie de partage et la curiosité sont à l’origine de ce blog. Garder les yeux ouverts sur l’actualité littéraire sans courir en permanence après les nouveautés. S’autoriser les chemins de traverse et les pas de côté, parler surtout de livres, donc, mais ne pas s’interdire d’autres horizons. Bref, se jeter à l’eau ou se remettre en selle et voir ce qui advient. Aire(s) Libre(s), ça commence ici.
L’autonomie des fleurs sauvages, Julie Dugal (Poètes de brousse) – Fanny
L’autonomie des fleurs sauvages, Julie Dugal (Poètes de brousse) – Fanny

L’autonomie des fleurs sauvages, Julie Dugal (Poètes de brousse) – Fanny

L’autonomie des fleurs sauvages de Julie Dugal c’est comme partir sur un territoire étendu, écouter ce qui résonne en soi, ressentir ce qui se tisse entre nature et vie intime, sans ostentation ni brouhaha.

Julie Dugal se sculpte dans le dehors, auprès des érables, des grands pins, des sommets des Appalaches.

« Approche l’arrière-pays / ne crains pas les loups / les carcasses de lapin / l’ordre naturel des choses »

Ce recueil est un baume, une invitation à vivre le Vivant en ton for intérieur, là où ton palpitant exalte l’air frais des montagnes, des chemins moussus, des rivières généreuses.

Après son très beau roman Nos forêts intérieures, Julie Dugal pose son empreinte avec sa poésie intime, faite de Hautes-Laurentides, d’enfance dans les bois, d’amoureux-boussole avec qui « J’apprends à dompter mes peurs / du noir / des ours / des orages / l’angoisse de me perdre dans un labyrinthe verdoyant à perte de vue ».

L’auteure québécoise étend alors ses racines pour y accueillir ses fleurs sauvages.

« (…) je n’ai pas le sens des responsabilités / j’essaie d’avoir le sens de l’orientation »

Sa direction est le Nord, celle où la mousse pousse sur l’écorce, celle de la transmission familiale tout autant que ses saveurs boisées de femme et de mère.

La poésie de Julie Dugal est une palpitation, là où, auprès du feu, brille sa constellation, celle d’une génération descendante d’une Rita « reine mère des épinettes » qui, peu à peu, s’éteint comme les essences rares de cette forêt boréale canadienne.

L’autonomie des fleurs sauvages est un chemin ample et lumineux, sentant la sève et la résine, la beauté des peaux tannées des anciens et celles fraîches des nouvelles pousses, chuchotant l’amour du corps-montagne où l’auteure trouve refuge.

Toi, au milieu de ce monde là, tu ressens ce calme infini, ce rythme précieux du Vivant et tu n’as qu’une envie, y retourner pour t’y blottir en leur compagnie.

Voici une pépite enforestée.

Fanny.

L’autonomie des fleurs sauvages, Julie Dugal, Poètes de brousse, 22€95.

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