
Dans cette famille de taiseux, les années ont passé sans même qu’on s’en rende compte, le quotidien triste et sans saveur est devenu une norme.
Mais Salmane ne s’était pas rendu compte que sa mère, son père et lui s’étaient éloignés à ce point jusqu’à ce qu’un tremblement de terre les secoue : Amani a fugué.
Dans ce quartier de banlieue parisienne, au milieu de ces 7 tours où tout le monde se connaît, la disparition d’Amani est un événement, elle formait avec Hédi un couple soudé et sans histoire depuis près de 50 ans.
Après une 1ʳᵉ phase de déni et de colère, les deux hommes de la famille doivent se confronter à ce départ et tenter de comprendre pour espérer la retrouver.
Qu’il est dur de se remettre en question, d’accepter de voir ses certitudes se fissurer. Pour Salmane, le chemin sera encore plus difficile. Lui qui n’a jamais quitté le quartier, qui vit encore comme s’il n’avait jamais dépassé le stade de l’adolescence alors qu’il approche des 40 ans, va ouvrir les yeux sur des points essentiels du passé de sa famille et, surtout, devoir bousculer ce sentiment d’inertie qui le paralysait depuis si longtemps.
Dans ce roman où le silence explose en mille morceaux en quelques jours, on peut ressentir de façon très belle cet amour maladroit, mais extrêmement fort, ciment entre des êtres à un tournant déstabilisant de leur existence.
J’ai terminé ma lecture avec une larme au coin de l’œil et la sensation de déborder de tendresse.
Un excellent roman, donc, issu de cette rentrée littéraire que je continue à explorer, découvrant encore et encore des merveilles que je vous souhaite de dévorer dès que possible !
Aurélie.
Quatre jours sans ma mère, Ramsès Kefi, éditions Philippe Rey, 204 p. , 20€.
