
« Les éditions Dalva mettent à l’honneur des autrices contemporaines. À travers leurs textes elles nous disent leur vie de femme, leur relation à la nature ou à notre société. Elles écrivent pour changer le monde, pour le comprendre, pour nous faire rêver. »
Ce texte, on peut le découvrir sur le rabat situé en fin d’ouvrage. En le lisant, je me suis dit que Séverine Cressan n’aurait pu trouver meilleure maison pour accueillir son 1er roman tant il semble correspondre à chacun de ces points.
À part le terme « mammig », rien ne nous indique le lieu ou le temps dans lesquels se déroule cette histoire. On a très vite l’impression de commencer une conte où la nature utilise subtilement sa magie pour rapprocher deux êtres : cette enfant tout juste née et cette femme dont le fils est à peine sevré.
En même temps que ce duo très fort se rencontre et se noue, on pénètre peu à peu dans ce monde des nourrices, fait de beaucoup de douleur mais aussi de moments doux.
Au milieu de toutes ses femmes et des âmes qu’elles accompagnent comme elles peuvent, se dressent les hommes et leur ombre impossible à fuir. Ils décident de leur sort, ils prennent le fruit de leur labeur, ils font mal de mille façons différentes dans leurs gestes, leurs mots et leur certitude d’être les maîtres.
Plus on avance dans le roman, plus on sent une force spéciale monter et s’ériger contre l’impuissance de n’être « que » femmes. Accepter de s’abandonner pour pouvoir ressentir ce qui nous entoure et ne plus simplement subir ; puiser des ressources étonnantes dans une solidarité toute en pudeur et en évidence, le chemin est long mais une fois emprunté, il se déroule jusqu’au bout.
Ce 1er roman a paru en août dernier. Je suis heureuse d’avoir eu la chance de le découvrir parmi toutes les lectures qui m’appelaient. Il est riche d’une voix singulière et pleine d’une énergie très forte qui s’imprime en nous d’une façon presque paradoxale : elle nous apaise et semble attiser en même temps la révolte qui pourrait bien couler en chacune de nous…
Nourrices, Séverine Cressan, éditions Dalva, 266 p. , 21€50.
Aurélie.
