
C’est une magnifique histoire d’amour. Oui. Mais une histoire d’amour façon western, avec une petite ville minière qui semble oubliée de Dieu, ses morphinomanes, ses prostituées, ses dollars sales, ses bagarres, ses crimes, son sang. Une fabuleuse lumière au milieu de la noirceur la plus profonde.
Nous sommes en 1891, Tom Rourke traîne sa jeune carcasse à travers une ville qui ne dort jamais vraiment. Ses meilleures amies : la bouteille et la morphine. Seule sa façon si virtuose de manier les mots lui maintient la tête hors de l’eau.
Ça pourrait durer longtemps comme ça, il n’a pas réellement de perspectives Tom. Mais Polly descend d’un train venant de l’Est pour épouser le capitaine de la mine. C’est le début de la fin ou bien la fin du néant de leurs jours.
Dans une langue ultra-vivante et pleine d’esprit rendue merveilleusement par la très talentueuse traductrice Carine Chichereau (ici de l’anglais, Irlande), l’auteur nous embarque dans une folle aventure à dos de cheval à travers le Montana et l’Idaho, aux côtés de personnages flamboyants, aussi majestueux que misérables, prêts à tout pour goûter à la liberté, la vraie.
Je termine avec un extrait qui, parmi tant d’autres, m’a beaucoup touchée :
« Le fait est qu’il s’était engagé dans le monde de la fatalité et malgré tout il n’était toujours pas mort alors il avait encore de l’espoir. ».
Traduit de l’anglais (Irlande) par Carine Chicherau.
Aurélie.
Les amours en fuite, Kevin Barry, Métailié, 192 p. , 18€.

Ah j’ai adoré ce roman ! Rude (terme faible ), mais beau, une histoire d’amour dingue, écriture d’une richesse en variations exceptionnelle, sans doute un de mes gros coups de coeur de cette année. Tout ce qui est hideux autour de ces deux personnes disparaît devant leur amour fou.
bref: magnifique