
Jim Harrison, grand romancier, était bien évidemment aussi un poète, ne l’oublions jamais. Il a écrit une quinzaine de recueils de poésie, dont moins de la moitié ont été traduits en français. «L’éclipse de lune de Davenport» est son neuvième recueil. A découvrir absolument.
Une accolade plus directe, parfois plus crue, ou alors plus elliptique ou indicible, avec sa passion pour la vie, les moments de l’existence, les rencontres, la nature sauvage, les grands espaces, les animaux, la spiritualité, la sagesse, les observations et réflexions sur l’humain, sa finitude. Big Jim, entre introspections, contemplations et méditations.
Et toujours ce souffle, une écriture flamboyante et généreuse, aérée, qui mélange des vents contraires, sauvages, puissants, passionnels, violents, tendres, doux, érotiques, sensuels, libres, cultivés, respectueux des traditions et de la mémoire des Amérindiens. Une intelligence vive, vagabonde et farouche, éprise de liberté, qui cherche l’orgasme naturel dans les grandes plaines et vers de cieux lointains.
«Pour écrire un poème, vous devez d’abord fabriquer un crayon qui écrira ce que vous voulez dire. Pour le meilleur ou pour le pire, ceci est l’oeuvre d’une vie», dit-il.
Extraits:
«Aujourd’hui une étoile solitaire en selle/sur la montagne me pousse aux larmes du doute».
«C’est tellement difficile de regarder le Monde/et le fond de son coeur, les deux au même instant/Entre-temps, une vie a passé».
«La lune de Sonora rougit/une fois encore et couche dans la poussière/que nous avons de sang perlée».
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Luc Piningre.
Jean-François.
L’éclipse de lune de Davenport et autres poèmes, Jim Harrison, La Table Ronde, 192 p., 7€10.
