
Avant d’ouvrir ce livre, munissez-vous de bonnes chaussures, l’auteur ne nous propose pas une simple balade dans les mots, mais bien une véritable randonnée littéraire.
Dès le début, il vous faudra arpenter des chemins escarpés, vous suivez la piste, mais vous vous demandez où tout cela vous mènera. Il faut dès lors lâcher prise, accepter de se laisser guider vers l’après, on ressent très vite que tout s’expliquera en temps voulu et un bien-être surprenant nous envahit.
Telles des fleurs qui illuminent les bords du sentier, le style de Paul Kawczak se pare de multiples couleurs, de la simple évocation de faits aux envolées les plus lyriques, vous n’êtes pas à l’abri de tomber sur une phrase qui vous foudroie par sa perfection au détour d’un virage.
S’emparant de la Grande Histoire, il nous fait évoluer de la fin du XIXe siècle aux Trente Glorieuses en passant rapidement par la Grande Guerre et en s’arrêtant beaucoup plus longuement près de Besançon en 1942 et 1943. Des enfants juifs, une grotte sous un château médiéval, des résistants, un SS qui ne lâche rien.
Plonger dans ce roman dans lequel s’exprime un génie littéraire indéniable est une expérience assez dingue. À une grande exactitude historique se mêlent un sens du romanesque aigu, un humour subtil et une fantaisie étonnante dans la construction. S’ajoute une pointe de réalisme magique qui sublime le tout.
Bref, j’ai adoré être désarçonnée et bousculée. J’ai ressenti ce texte comme un vrai cadeau pour les grands lecteurs, ceux qui sont prêts à se perdre dans un roman avec la seule certitude qu’ils en ressortiront un peu différents et enrichis de ce que l’auteur leur aura offert.
Aurélie.
Le Bonheur, Paul Kawczak, La Peuplade, 384 p. , 23€.
