
Trois ans sur un banc est un roman.
Un roman incroyable par trois fois : sa forme – 138 histoires -, son style — l’auteur du Roitelet continue de sublimer l’étonnant et la joie du bienheureux hasard — et sa thématique – Jean-François Beauchemin investit le territoire de l’anthologie, celle de l’improbable.
En commençant la lecture, je me suis faite avoir.
Comme la vie peut être surprenante, et déroutante, et magnifique, et effarante, et… Là, le doute s’installe : l’incroyable devient si délectable, les témoignages épousant par trop bien la plume humaniste de l’auteur des Laurentides.
Jean-François Beauchemin me ferait-il le coup d’un Orson Welles avec sa Guerre des mondes ? On s’entend : version absolument exubérante tel un spectacle théâtral aux 138 sujets ? Tout cela dans le but de nous déverser un flot de Wahouuu et de sourire jusqu’aux oreilles ?
Eh bien oui.
Et j’ai follement aimé cela.
Comme le dit si bien un des protagonistes d’une histoire étonnante comprenant un percheron et un écureuil :
« J’hésite à l’écrire, mais il faut bien, un jour où l’autre, assumer que la goupille carrée de certains faits n’entre pas très bien dans le trou rond de la réalité. »
Alors si vous voulez vous faire du bien à l’âme, lisez Trois ans sur un banc.
Parce que lire ce livre, c’est un peu comme renouer avec l’idée des veillées au coin du feu, avec, parfois, la délicieuse exagération de certains faits.
Cette jouissance de découvrir d’innombrables histoires m’a fait l’effet d’un retour à l’enfance où le monde était extraordinairement vaste et exceptionnel.
Trois ans sur un banc et sa large palette d’émotions, ce plaisir addictif de découvrir des scènes les unes après les autres, sans pouvoir s’arrêter, cette richesse faite de nos histoires, des trésors.
Tu repartiras de ce banc avec en tête des fragments de vie, te chuchotant que rien n’est inéluctable, mais aussi que « (…) si tu donnes à ta vie un certain penchant, les hasards à la fin finissent par aller dans ton sens. »
Trois ans sur un banc est une espièglerie, quant à Jean-François Beauchemin, il est définitivement un chercheur d’or.
Fanny.
Trois ans sur un banc, Jean-François Beauchemin, Québec-Amérique, 312 p., 20€.

Mais oui !!!! Je suis d’accord, et c’est un générateur de bonheur pour les gens qui lisent, je l’aime !
Et les générateurs de bonheur, en ce moment, on en a bien besoin !